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ATELIER GESTION DE CRISE À L’INTERNATIONAL

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Dans le contexte de crise sanitaire actuel et de l’impact induit sur les relations internationales des écoles, la commission Internationale de l’AGERA a organisé, le 17 juin dernier, un atelier sur le thème de la Gestion de crise à l’international.

Ce dernier a été animé par Severin Van Gastel, chargé du Développement international et partenariats à Grenoble INP Pagora, qui a mobilisé deux intervenants de choix :

• Francis Étienne, conseiller des affaires étrangères hors classe au MEAE (Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères).

Il nous a partagé son expérience d’ambassadeur de France en Australie et au Kazakhstan, et de diplomate en poste en Allemagne et en Australie.
À partir d’un cas concret, un tremblement de terre à Wellington (Nouvelle Zélande), il nous a expliqué la façon dont une ambassade gère ce type de crise, en imageant l’ensemble à l’aide de quelques termes forts :

1. Accepter le principe de réalité une fois l’effet de sidération passé.
2. Gérer (trouver de l’aide, monter une cellule de crise, fournir des kits de survie).
3. Apprendre à se gérer personnellement (être calme, parler doucement, regarder ses interlocuteurs dans les yeux).
4. Informer le MEAE, les partenaires européens.
5. Relayer les informations auprès de la communauté française sur place ou hors du pays dans lequel la crise a lieu.
Il a également insisté sur l’importance du numéro vert mis en place par le ministère qui devient alors le seul numéro à utiliser.

Francis Étienne a évoqué les dispositifs d’aide aux Français en difficulté à l’étranger, notamment pour les étudiants. Il a abordé le rôle des différents intermédiaires impliqués durant une crise (consulat, ambassade, centre de crise…), mais aussi comment les établissements d’enseignement supérieur peuvent se coordonner au mieux avec les ambassades/consulats et le MEAE en situation de crise.

Il a conseillé fortement aux personnels des écoles en mission à l’étranger de se signaler, dès leur arrivée, au consulat et au SCAC (Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France), ce qui permet de les localiser en cas de problème.
Inversement, il a demandé aux représentants des écoles qui détiendraient des informations importantes sur un pays de les communiquer aux consulats ou ambassades.

Il a terminé en expliquant que le risque de crise internationale majeure serait de plus en plus important à l’avenir et que nous devions nous y préparer.

• Axel Cruau, Head of the coronavirus task force au centre de crise au ministère, ancien consul général à Shanghai.
Il a apporté son expertise sur cette crise sanitaire.
Plusieurs questions lui ont été adressées :
– Y-a-t-il des destinations à éviter pour les mobilités étudiantes des écoles ?
– Peut-on espérer une levée des mesures sanitaires en octobre et un retour à la normale en France (enseignement en présentiel) ?
– La délivrance de visas “rapidement” pour les étudiants extra-communautaires dont la venue est prévue en septembre est-elle réaliste ?

Si Axel Cruau a volontiers échangé avec les membres, il n’a cependant pas pu donner de réponse précise, la situation étant très mouvante et la reprise de l’épidémie possible à l’automne. Il a reconnu bien comprendre la situation délicate des Écoles et a expliqué que l’idéal serait, lorsque ce type de crise arrive, d’établir une liste centralisée des étudiants (l’AGERA pourrait jouer ce rôle).

Au final, la cellule de crise COVID du MEAE a permis le rapatriement de 180 000 ressortissants français dans le monde.

Ces deux interventions ont permis de déclencher échanges riches et intéressants et de répondre en partie aux questionnements d’une quarantaine de participants des différentes écoles (ingénieurs, management, arts et enseignements spécialisés) représentées lors de cet atelier.

Virginie Rouault, responsable du service “Europe et International” et à la direction de l’enseignement supérieur et de la recherche à la région AURA, était également présente.

Francis Étienne a conclu en exprimant le souhait d’intervenir une prochaine fois à l’AGERA mais cette fois, en présentiel !